En France, on n'a pas de pétrole mais on a des idées ! Giscard en avait fait son slogan pour nous faire passer au tout nucléaire !
Impossible n'est pas français ! On connait tous cette belle expression qui nous fait bomberle torse, nous, ressortissants de ce bel hexagone.
Des mots, comme des valeurs. Astérix contre les Romains ! Et bien tout ça, on a la chance de le retrouver dans un article paru dans l'Humanité du 3 novembre 2006. Un article sur notre sport favori dans lequel un village gaulois explique pourquoi il tente de résister et une glorieuse citadelle nous avoue pourquoi elle a décidé depuis longtemps de capituler...
Je vous laisse juger par vous même.
Thierry Normandie
Sous les panneaux, on ne prête pas aux pauvres
Basket . Privés de moyens, Pau-Orthez et Le Mans ne nourrissent guère d'ambitions en Euroligue. La seule solution, faire confiance au système D.
« Notre discipline est presque une science exacte. Si on possède des joueurs de qualité et les plus grands gabarits, la probabilité d'aller au bout est forte. » La vérité énoncée par Pierre Seillant est lourde de conséquences. Le président de Pau-Orthez sait qu'un gros pécule est le nerf de la guerre des parquets. Sinon, il est inenvisageable de rivaliser avec les cylindrées surdimensionnées du Vieux Continent. Les Béarnais, qui ont battu mercredi soir les Turcs de Fenerbahçe (66-68) pour la deuxième journée de leur poule d'Euroligue, affichent un budget de 6,5 millions d'euros, ridicule comparé au trésor des Barcelonais (22 millions) qui les ont dominés la semaine dernière (66-72). Alors Seillant ne peut que grincer : « Personne ne veut entendre parler de ça comme s'il s'agissait d'une éternelle rengaine. Mais, financièrement, nous ne luttons pas à armes égales. Nous ne pouvons pas attirer des étrangers de premier plan ni conserver les meilleurs Français. Nous recrutons des seconds couteaux et des gars en début ou au crépuscule de leur carrière. Dans ces conditions, il est impossible de prétendre remporter l'Euroligue. Nous ne sommes pas fatalistes mais réalistes. »
En clair, les écuries tricolores pâtissent d'un manque d'investisseurs et d'une fiscalité pénalisante. Les clubs russes sont par exemple subventionnés par les trusts pétroliers ou industriels, tandis que le Real Madrid et Barcelone sont des sections d'une structure omnisports au sein de laquelle le football génère des revenus faramineux.
Pour changer la donne, la Ligue, avec à sa tête René Le Goff, a choisi de réduire la pro A de dix-huit à seize équipes à l'issue de la présente saison avec l'objectif de densifier le niveau. Chacun est de surcroît prié de se doter d'une salle aux capacités d'accueil élargies. En souhaitant que les médias soient à l'unisson.
faire contre mauvaise fortune bon coeur
Et puis il y a le mécanisme des transferts encore embryonnaire qui ne permet pas de rentabiliser le départ des espoirs patiemment couvés à la maison. En effet, lorsqu'ils décident de tenter leur chance outre-Atlantique, le dédommagement est forfaitaire à hauteur de 350 000 dollars, conformément à l'accord conclu entre la Fédération internationale et la NBA. Quant aux mutations, elles ont souvent lieu en fin de contrat justement afin d'éviter le paiement d'indemnités. Et quand la séparation se produit avant terme, celles-ci sont dérisoires, sauf exception.
En attendant que la situation évolue d'un point de vue réglementaire, il est donc préférable de faire contre mauvaise fortune bon coeur. Au Mans, on s'efforce de lancer les jeunes et de ne pas les laisser gamberger indéfiniment sur le banc. On insiste sur la formation, à l'aune des relatives lacunes du système hexagonal. « J'ai le sentiment qu'ailleurs, notamment en ex-Yougoslavie, on travaille mieux avec les adolescents. Alors que notre réservoir est bien moins important, nous pêchons parfois techniquement même si nous commençons à rattraper notre retard », affirme le manager général, Christophe Le Bouille, dont les hommes défiaient hier soir les Polonais de Sopot.
À ses yeux, ses confrères seraient avisés de voyager davantage, histoire d'emma-
gasiner de l'expérience et des connaissances : « On gagnerait à envoyer nos entraîneurs officier dans d'autres pays. » Car, à défaut d'argent, il est recommandé d'avoir des idées.
Alexandre Terrini