Pas d'esbroufe, pas de fioritures (ça sent mauvais sur les vêtements après), pas de chichis pour cet article les enfants. Ayant gagné haut la main ma croisade contre Normandie et consorts et ayant été supplié à genoux par ces loques de réintégrer la bande, je vous livre aujourd'hui un article sans haine, sans moquerie, afin de rendre hommage à cette équipe de Miami, en finale NBA pour la première fois de son histoire. Je vous propose un portrait de chacun des joueurs qui ont composé cette équipe cette année, car tous ont apporté leur pièce au puzzle.
#5 Derek Anderson
La greffe de dernière minute, qui a comblé un vide à l'arrière. Ex très bon joueur, rappelons pour les novices qu'il a connu ses heures de gloire dans les équipes des Clippers (fantastique dunkeur), de Portland, et des Spurs avant de se faire ralentir par des blessures récurrentes. Aujourd'hui il nous a toujours apporté ses qualités de scoreur, à 3 ou à 2pts et il a répondu présent (en saison régulière plus qu'en playoffs) lorsque Jason Williams était blessé en poste 1 ou 2. Une recrue loin d'être inutile.
#49 Shandon Anderson
L'homonyme de Derek a lui aussi ses plus belles années derrière lui. Elles sont loin les finales Utah-Chicago! Peu importe, Shandon lui est là, reconverti en défenseur féroce et désireux de tirer à fond profit du peu de minutes qu'il passe sur le terrain. Après l'école Sloan, puis Van Gundy à New York, Anderson est paré pour les âpres joutes des finales. Un joueur précieux.
#51 Michael Doleac
Il n'a jamais été un joueur flamboyant, plutôt le genre éternel potentiel intéressant à développer… Mais Doleac sait utiliser une de ses armes les plus dangereuses : son shoot extérieur. Certes il a peur du contact physique et ne s'aventure que trop rarement dans la raquette (son gros point faible vu son gabarit), mais il sait se placer sur les picks de manière à recevoir la balle dans son jardin en tête de raquette. Il lui manque l'agressivité nécessaire à devenir un bon joueur. Même si c'est trop tard aujourd'hui, ce fragile gaillard (barré par Shaq et Zo quand même!) fait bel et bien parti de cette équipe de Miami!
#40 Udonis Haslem
Le conte de fée… L'incroyable mais vrai… Comment passer de l'équipe de Chalon sur Saône au cinq majeur d'une des plus grosses équipes de la ligue? Demandez à Udo. Titulaire incontesté, intérieur de petite taille mais au grand cœur, rebondeur invétéré, le local de l'étape (université Miami) sait d'où il vient et il ne lâchera pas le morceau. L'idéal complément de Shaq, un joueur sans un potentiel hallucinant mais qui tire le maximum de ses capacités. Et même plus. Indispensable au Heat.
#24 Jason Kapono
Non ne riez pas! Kapono n'est pas au bout du bout du banc! 51 matches joués et 13 minutes de moyenne, et un vrai apport! Evidemment recruté pour ses qualités de shooteur longue distance, Kapono a répondu aux attentes, avec 39.6% de réussite derrière l'arc. Peu de chances de beaucoup jouer dans cette finale, mais si les fautes plombent l'équipe et que les espaces lui sont favorables, le bombardement peut faire mal.
#33 Alonzo Mourning
Sortez les mouchoirs. L'homme le plus énervé de la NBA, écorché vif, l'éternel second (derrière Mutombo à Georgetown, derrière O'Neal à la draft), l'homme qui donne tout son sens au mot intensité, l'homme qui aurait pu être l'une des armes atomiques de la ligue si… si un rein ne l'en avait pas empêché… Il a failli être MVP, il a été meilleur défenseur, meilleur contreur, incontestablement plus gros intimidateur de cette ligue. Aujourd'hui il est fatigué, usé. Il y a 6 ans, son association avec Shaq n'était qu'une image de bande dessinée, une chose impossible dans la vraie vie, par respect pour le baron de Coubertin. Aujourd'hui il est la doublure, mais il veut son titre comme personne ne l'a jamais voulu. Il sait que demain tout peut arriver, alors il vit pour l'instant présent, à fond. Suspendez-moi son maillot au plafond de la salle du Heat!!
#32 Shaquille O'Neal
Restons objectif… De la race des plus grands. De la race des seigneurs de guerre. De la race des gens qui ne sont pas de notre race. Impossible à décrire, impossible à arrêter. Il est sur le déclin? Peut-être a-t-il juste l'intelligence de s'effacer maintenant qu'il voit que Wade a les clés de l'équipe. Mais la pire erreur serait de le sous-estimer! Regardez le match 6 contre Chicago, le match 6 contre Detroit… il n'y en a pas deux et il n'y en aura jamais deux comme lui. Darryl Dawkins avait la puissance, le Shaq a aussi une part de finesse et plus de basket. Bill Russell avait la défense, le Shaq attaque avec autant de puissance. Wilt Chamberlain était instoppable aussi, mais le Shaq est moins égoïste. Kareem Abdul Jabbar détient pléthore de records individuels qui ne sont pas prêt de tomber, mais le Shaq a le charisme qu'Abdul Jabbar n'aura jamais. Une seule chose à lui reprocher sur toute sa carrière : son manque de concentration et de sérieux à l'entraînement. Donnez-lui le killer instinct d'un Mourning et il aurait fallu changer les règles de ce sport pour lui. Il marquera à jamais l'histoire de ce sport.
#20 Gary Payton
OK, le Gary Payton de Seattle est loin. OK, le gant est devenu moufle. OK. Mais le vieux Gary court après sa bague depuis tellement longtemps, il est un personnage tellement attachant, peut-on lui en vouloir de parler tout le temps, de faire des choix de carrière foireux? Au moins lui ne joue pas juste pour l'argent. Il sacrifie temps de jeu et réputation pour une bague. Alors donnez-lui, qu'il prenne sa retraite la tête haute! Et qu'il la ferme une bonne fois pour toutes!
#42 James Posey
Arrivé cette année dans le dernier coup de Trafalgar de Riley, Posey a été présenté comme le défenseur de l'équipe. Titulaire au côté à l'aile en lieu et place
de Walker relégué 6e homme, il a tenu son rang et s'est avéré être le shooteur à 3pts patenté de l'équipe. Précieux des deux côtés du terrain. Hargneux et discret. Le Bruce Bowen (-) de la Floride.
#25 Wayne Simien
Le rookie costaud de l'effectif. 2.06m, 113kg… Il a joué dans à peu près la moitié des matches cette année, mais est barré par un effectif plutôt fourni à l'intérieur. Un potentiel intéressant cependant. Espérons qu'il trouve une vraie place à l'avenir pour pouvoir réellement le jauger. Il a quand même réussi à rester dans le groupe de Riley sans passer par la case NBDL.
Que dire de Dwyane Wade? Il n'est pas le plus impressionnant en terme de qualités basketballistiques, il n'a pas de shoot longue distance, il s'habille bien et est poli. Il pourrait être un joueur blanc de seconde zone avec cette description. Mais voilà… Cet homme est un extra terrestre. Physiquement il est dément. Son sens du panier est jordanesque. Son premier pas hors du commun. Son sang froid quand le match est serré démoralisant… Il est du calibre d'un MVP. Les médias le boudent, les fans l'adorent. Son maillot s'arrache. Le top 10 est rebaptisé top Wade toutes les semaines. Il fait gagner son équipe. Pas tout seul mais presque. Tel Jordan il joue avec la grippe et plante 14pts pour une dizaine de passes dans un match capital. Tel Jordan il est de Chicago. Tel Jordan il est super fort!!!! C'est tout.
#8 Antoine Walker
L'énigme. Le facteur X par excellence. Le fou. Le débile. Le génie. C'est selon. Joueur atypique au possible, pas forcément élégant, pas forcément désagréable, Walker ne laisse pas indifférent. Il énerve beaucoup, mais il est là. Contrairement à ce qu'on aurait pu craindre, il ne fait pas sa diva. Il est sur le banc, rentre et fait son job… ou non. Mais il apporte énormément… dans un bon jour. Même si Boston est bien loin, il a su s'adapter à la Floride et peut faire la différence à lui tout seul. Son absence apparente de cerveau lui enlève toute pression d'où qu'elle vienne. Important dans une finale… surtout face à son ancien club…
#55 Jason Williams
L'un des joueurs les plus élégants de la ligue, pas forcément celui qui apporte le plus mais un régal à voir jouer. Tonique, spectaculaire même s'il privilégie plus le basket que le show time aujourd'hui, félin. Le blanc le plus noir de la NBA peut prendre le match à son compte en attaque. Il a suppléé Wade à merveille dans le match 6 contre Détroit. Il peut le refaire. Et s'il peut enflammer un peu plus le logo de Miami, il ne s'en privera pas.
#30 Earl Barron et #1 Dorell Wright
Ils ne font pas parti de l'effectif de Miami pour ces playoffs. Ils ont gravité entre NBDL et NBA. Wright est un joueur intéressant mais frêle. Barron plus costaud mais limité… Ils sont néanmoins présents pour soutenir l'équipe et espèrent avoir leur chance l'année prochaine. Ici ou ailleurs.
Voilà la revue d'effectif. Tout consultant que je suis, j'écrase une larme quand je vois le chemin parcouru depuis ce début d'année… Mieux vaut en profiter parce que Pat the Rat y va vite en besogne pour bouleverser un effectif. Surtout si nous perdons la série! Mais ne vous inquiétez pas les amis! Jacq Daddy sera toujours là pour vous transporter vers de nouvelles aventures. Ou pour vous transporter à l'hôpital d'une grosse droite dans la face si vous me saoulez trop. Hein Normandie ?
Jacquille Au Nil





